De Gibraltar à la mer Noire en F18 : l’incroyable aventure du projet DEKOK
Imaginez partir pour plusieurs milliers de kilomètres de navigation avec, pour bateau, un catamaran de sport ouvert. Pas de cabine. Pas de couchette. Très peu de protection contre les éléments. Quelques dizaines de centimètres seulement entre l'équipage et la mer.
C'est pourtant le défi que se sont lancé Noé Migraine, Zacharie Boumard et Lucas Imren avec le projet DEKOK : relier Gibraltar à la mer Noire sur un Mattia F18.
Gibraltar – mer Noire : une autre manière de voyager
Le départ est donné le 5 février. Devant eux : environ 5 337 km de navigation et plusieurs mois d'itinérance.
Mais les chiffres ne racontent qu'une petite partie de l'histoire.
Un F18 est avant tout un catamaran de sport. L'équipage navigue directement exposé au vent, aux embruns, au froid, au soleil et à la mer. Il n'y a pas d'intérieur dans lequel se réfugier après quelques heures de navigation.
Sur un tel voyage, chaque étape impose donc de recommencer : naviguer, trouver un point d'arrivée adapté, sécuriser le bateau, gérer le matériel, récupérer, observer la météo puis préparer l'étape suivante.
La distance annoncée au lancement du projet entre Gibraltar et la mer Noire.
Noé Migraine, Zacharie Boumard et Lucas Imren pour partager navigation, décisions et problèmes à résoudre.
Un catamaran de sport ouvert transformé en compagnon de voyage sur plusieurs mois.
La durée envisagée au départ pour cette aventure en itinérance autonome.
Pourquoi cette aventure est-elle aussi particulière ?
Parce qu'il ne s'agit pas simplement de parcourir une longue distance à la voile.
Le support change complètement la dimension du voyage. Sur un voilier habitable, l'équipage dispose d'un espace protégé, peut dormir à bord et stocker beaucoup plus facilement nourriture, vêtements et matériel.
Ici, tout est réduit au minimum.
Les trois navigateurs vivent la mer sans véritable séparation avec leur environnement. Pendant la navigation, ils sont constamment exposés. Le froid, le sel, l'humidité, le soleil, la fatigue et les changements météorologiques font partie du quotidien.
Cette simplicité rend aussi chaque problème plus important. Une pièce à réparer, une météo défavorable, un équipement humide ou une arrivée compliquée deviennent immédiatement des sujets à résoudre avant de repartir.
Une aventure qui commence en plein hiver
Le choix d'un départ début février ajoute une autre dimension au projet.
La Méditerranée n'est pas seulement une mer associée au soleil et aux vacances. En hiver, les conditions peuvent changer rapidement et les journées passées sur un petit catamaran exposent directement l'équipage au froid, au vent et aux embruns.
L'enjeu n'est donc pas uniquement d'avancer vite. Il faut savoir attendre, observer, choisir les bonnes fenêtres et accepter que le programme soit dicté en partie par les conditions.
Des milliers de kilomètres, mais surtout des milliers de souvenirs
Ce qui ressort de leur aventure n'est pas uniquement la performance nautique.
En avançant le long des côtes, l'équipage découvre des paysages, des plages, des villes et des endroits qu'il n'aurait probablement jamais abordés de la même manière en voyageant autrement.
Le bateau devient une porte d'entrée vers les territoires traversés.
Il y a les navigations, mais aussi toutes les étapes à terre : les personnes rencontrées, les coups de main reçus, les endroits où dormir, les discussions autour du bateau et les imprévus qui obligent régulièrement à modifier les plans.
C'est probablement là que le projet prend tout son sens. La destination donne une direction. Mais l'aventure se construit surtout entre le départ et l'arrivée.
L'esprit DEKOK
Partir avec un bateau simple, accepter de vivre dehors, apprendre au fil des kilomètres et avancer en s'adaptant en permanence. Plus qu'un défi de distance, DEKOK est une expérience d'autonomie, de navigation et de découverte.
Apprendre en faisant
Une autre particularité rend leur projet encore plus remarquable : ils ne sont pas partis avec l'expérience d'une équipe professionnelle spécialisée dans les grandes expéditions nautiques.
Il a fallu apprendre rapidement, prendre des décisions, réparer, s'organiser et gérer les conséquences de chaque choix.
Sur plusieurs mois, ce type d'aventure devient une véritable école. Une école de navigation, bien sûr, mais aussi d'autonomie, de gestion du risque, de vie en groupe et de débrouillardise.
Dans un projet aussi dépouillé, impossible de déléguer chaque difficulté. Lorsqu'un problème apparaît, il faut comprendre ce qui se passe et trouver une solution pour continuer.
Forward Watersports aux côtés du projet
Chez Forward Watersports, ce type d'aventure nous parle particulièrement.
Notre histoire est étroitement liée au catamaran de sport et aux navigateurs qui utilisent leur matériel dans des conditions où la simplicité et la fiabilité comptent réellement.
Nous avons donc accompagné le projet DEKOK sur deux dimensions complémentaires :
- Le bateau, avec des voiles Forward Sailing.
- Les navigateurs, avec de l'équipement personnel Forward WIP pour les accompagner pendant leurs longues journées sur l'eau.
L'objectif n'était pas de transformer l'expédition en démonstration de produits. Leur aventure reste avant tout la leur.
Notre rôle était simplement de contribuer avec ce que nous connaissons : les voiles, l'équipement nautique et la protection des pratiquants.
Une aventure qui rappelle pourquoi nous aimons naviguer
Pas nécessairement pour battre un record. Pas uniquement pour aller vite.
Mais pour découvrir jusqu'où un bateau, un équipage et une idée peuvent nous emmener.
Une histoire racontée dans Le Télégramme
Après des milliers de kilomètres passés sur l'eau et de nombreuses découvertes le long de leur route, leur aventure a également attiré l'attention de la presse.
Le Télégramme revient sur le voyage de ces trois navigateurs et sur cette manière particulièrement directe de découvrir la Méditerranée et la route vers la mer Noire.
Plus qu'une destination
Gibraltar et la mer Noire donnent deux points sur une carte. Entre les deux, il y a plusieurs milliers de kilomètres d'incertitudes, de découvertes, de fatigue, de navigation et de rencontres.
C'est ce qui rend le projet DEKOK aussi intéressant.
Trois jeunes, un catamaran de sport et l'idée de voir jusqu'où ils pouvaient aller.
Parfois, une aventure extraordinaire commence simplement comme cela.